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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 13:06

pour les parchemins de Bigorphea

 


Au cœur de la forêt, dans une jolie clairière, la flore et la faune vivaient en parfaite harmonie. A la tombée du jour, tous les animaux venaient assister à la veillée où l’un d’entre eux racontait une histoire qu’il tenait de ses parents. Ce soir-là, ils étaient plus nombreux que d’habitude. Avant de s’installer, ils passaient par le bord de la mare pour faire leur toilette du soir ce qui permettait aux plus coquets d’admirer leur reflet.

Sur les   branches qui avançaient au dessus de la clairière les oiseaux s’alignaient. Au plus près du tronc du gros chêne la chouette trônait et hululait doucement. Le rossignol chantait accompagné d’un chœur de pinsons. Les écureuils grignotaient quelques noisettes nouvelles. Les lapins sautillaient avec les faons qui n’osaient pas s’éloigner de leurs mères. Les biches aux yeux de velours surveillaient tout ce petit monde.

Le silence se fit quand le maître des lieux s’avança dans la clairière. C’était un grand cerf aux hauts bois dans la force de l’âge. Tous le respectaient et à l’unanimité il l'avait choisi pour être maire de la communauté.

Il avait un air très grave. Des choses bizarres se passaient à l’orée de la forêt au bord de la mer. Le maire s’installa au centre d’une ronde de rosés des prés aux chapeaux blancs. Le crépuscules leur donnait des reflets de nacre. Il raconta les dernières nouvelles du carnet mondain puis en vint au sujet que tout le monde attendait. IL raconta l’invasion de ces étranges animaux en bord de mer. Ils s’appelaient Caterpillar, étaient très bruyants –même la nuit. Le chien du garde chasse lui avait dit qu’ils se construisaient un genre de nid qu’ils appelaient village de vacances. Il y avait aussi cette odeur particulière, omniprésente qui altérait tous les parfums de la forêt.  Que pouvaient-ils manger ? du pétrole, avait dit le chien du garde chasse, et même que c’était l’odeur de leurs flatulences !

Les lauriers qui bordaient la plage ne fleurissaient plus, tant ils étaient couverts de poussière.

Il y avait aussi ces drôles d’animaux qui nageaient sur le lac et amenaient des humains Le maire avait pu lire leurs noms inscrits sur leur peau. Ils se nommaient tous pareil : Zodiac ! Et en plus avec une faute d’orthographe, n’écrit-on pas Zodiaque !

Toute l’assemblée était triste et un silence pesant la recouvrait quand on entendit une petite voix. Cachée sous quelques feuilles mortes une jeune girolle demanda s’il était vrai que des fongicides étaient utilisés. Tous étaient horrifiés. Tout le aime les champignons ! Même les humains ! C’était une trahison !

-Ce n’est pas sûr, dit le maire, mais nous n’allons pas attendre que nos amis meurent pour en être convaincus. Aujourd’hui, ma horde et moi, nous avons exploré la forêt et nous avons trouvé une autre jolie clairière. Dés demain matin, nous partirons. Pour nos amis les champignons, si vous arrivez à vous extirper de la terre sans trop casser vos racines, nous vous aiderons tous à parcourir le chemin.

Toute la communauté approuva. Le grand cerf était très intelligent.
Le lendemain matin la forêt avait changé. Un silence lourd l’habitait. Tous les animaux portant une chanterelle, un pleurote, un rosé des prés, un polypore, … s’enfoncèrent au plus profond de la forêt pour une nouvelle clairière.

Les humains, étonnés de ne plus voir ni entendre les animaux en apportèrent. C'étaient ceux qu'ils cultivaient dans des musées-zoos... 

 

 

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Published by Mélodie - dans Jeux de mots
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Toi, l'ami qui vient me lire,

Ici, tu es libre.
Tu peux juste passer le long de la clôture,
entrouvrir la petite porte,
ou bien venir t' asseoir sur le banc,
Coin-de-jardin.JPG t'imprégner des senteurs fleuries
des arbres de l'amour et de l'amitié,
des fleurs parfumées
De tendresse, de plaisir et de douceur
Reste, je te rejoindrais
à l'ombre des arbres
pour te donner la quiétude et la sérénité,
et si tu es bien, accepte quelques fleurs... 
Mon ami Sophocle,
ici tu verras comme
"il est doux de perdre la conscience de tes malheurs",
dis moi quand tu seras de passage!
Juste un signe qui sera
une graine de bonheur dans mon jardin! 

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