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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 06:38

Pour les Poudreurs d’escampette, logo rallye italien, pour voyager un peu,  tous les mots à replacer dans le récit sont d’origine italienne

 

Sous le ciel indigo, la mer scintille douce et calme après la tempête. Sur le tableau la gouache a immortalisé cet instant magique. Le pinceau n'est pas arrivé à temps pour dessiner les cumulus poussés par le vent, ce vent si violent que les trombes d'eau à l'horizontal peinaient à se redresser pour atteindre le sol. La mer en colère jouait avec les plus grosses vagues pour rejeter sur le sable tous les déchets du monde. Aucun être vivant n'était sorti pour admirer la colère de la nature qui se révolte. L'humain viendra constater le désastre et s'enquerra de ce que pourront faire les assurances.

Et pendant que la lagune panse ses plaies, le pinceau se met à l'ouvrage et caresse une toile posée là, sur le sable. De quelques mouvements rapides sur la toile immaculée il délimite le territoire: un peu de ciel, un peu de mer presque aussi bleue que le ciel et une longue plage de sable blond saccagée devant la lagune verdâtre. Sur la plage les parasols et chaises longues ont disparu pour s'amonceler dans les eaux du marais.

Au milieu de la plage, parmi les morceaux de bois flottés et les divers détritus que la mer malade a vomi, une mouette rieuse pianote sur le clavier d'un accordéon à demi ensablé. Au milieu de ce cimetière des curieux déambulent dans une mascarade grotesque. L'un d'eux s'est arrêté, en caleçon, il dessine des arabesques de la pointe de son fleuret sur le sable mouillé.

Embusqué derrière les restes d'un canot de sauvetage, voulant passer incognito l'inspecteur de police vêtu de l'imperméable de Colombo mène l'enquête en observant tout ce beau monde et plus particulièrement deux jeunes femmes. Toutes deux habillées en tenue de beatnik des années soixante dansent en tenant une banderole qui perd des lambeaux de chiffon. Leur sarabande les mène autour d'un tas d'immondices : sacs de supermarché déchirés, monceaux d'algues vertes en décompositions d'où émergent des mouches agressives. Le fleurettiste agite son arme pour chasser les insectes.

Plus loin, un homme s'avance. Burlesque, autant qu'il peut l'être, un homme en costume trois pièces et chapeau melon arpente la plage en lisant son journal et croquant un berlingot à l'anis. Une feuille du journal happée par le vent se replie et tente une envolée digne des meilleurs albatros. Le journal chiffonné, illisible va rejoindre les bouteilles et sacs poubelle en matière plastique non-biodégradable. L'homme au chapeau melon chante à tue-tête, peut-être La mer de Charles Trenet. Le pinceau dessine quelques notes de musique au dessus du chapeau et le journal roulé en boule aux pieds de l'homme.

L'inspecteur écrit avec frénésie sur son calepin et ajoute à la longue liste des pollueurs: après mesdemoiselles Martin, Monsieur Lagardère et Monsieur Dupont. Puis il jette son mégot de cigarette dans la mer qui, à la première vague s'empresse de le rejeter sur le sable. Ainsi va la pollution, à pollueur, pollueur et demi.

Le pinceau se redresse pour prendre la mesure de son œuvre. Maintenant, la lagune est envahie par des objets insolites pour ce lieu qui fut paradisiaque, cadeaux que la mer dans sa grande colère lui a donnés.      
Dans le lointain, derrière un champ de tournesols couchés, la cheminée de l'incinérateur des ordures ménagères crache une fumée "propre", Mais nul ne sait dire depuis combien de temps les filtres ont été nettoyés. Encore quelques touches de gouache ici, et au bout de la plage émerge un phare, sentinelle de la mer, il rappelle aux marins que là se trouve un havre de paix.


Signé: "Un pinceau et une boîte de gouache rejetés par la mer"

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Published by Mélodie - dans Jeux de mots
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commentaires

sand 11/08/2010 20:54



La mer ne semble pas des plus belles sous cette vision là :oS



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Toi, l'ami qui vient me lire,

Ici, tu es libre.
Tu peux juste passer le long de la clôture,
entrouvrir la petite porte,
ou bien venir t' asseoir sur le banc,
Coin-de-jardin.JPG t'imprégner des senteurs fleuries
des arbres de l'amour et de l'amitié,
des fleurs parfumées
De tendresse, de plaisir et de douceur
Reste, je te rejoindrais
à l'ombre des arbres
pour te donner la quiétude et la sérénité,
et si tu es bien, accepte quelques fleurs... 
Mon ami Sophocle,
ici tu verras comme
"il est doux de perdre la conscience de tes malheurs",
dis moi quand tu seras de passage!
Juste un signe qui sera
une graine de bonheur dans mon jardin! 

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