Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 12:22

Jeu d’écriture proposé par Frédérique Martin sur son billet Dix petits négres

  1. Intérieur Nord
  2. Trouvé dans une poche
  3. L’entracte
  4. L’écharde du silence
  5. Un clown s’est échappé du cirque
  6. Carbowaterstoemp et autres spécialités (coriace, celui là !
  7. Les citées perdues
  8. Le bleu des voix
  9. L’angoisse des premières phrases.
  10. La neige gelée ne permettait que de tous petits pas

 

 

La page blanche s’étalait sur la table éclairée par la lampe de bureau, comme une touriste en mal de bronzage. Pour la feuille de papier il n’était pas question de crayonnage, histoire de la faire changer de couleur, mais d’écriture. Profitant de l’entracte publicitaire entre le cours métrage et le film du cinéclub de la nouvelle chaine du câble CEAS, «Carbowaterstoemp et autres spécialités », je regardais par la fenêtre, pensant au propriétaire de ce restaurant branché qui était l’auteur de ce nom de chaine de télévision car bientôt on ne dirait plus que CEAS, en oubliant sa signification.
Dehors, la neige était tombée à gros flocon enveloppant le monde de silence ouaté. Sous la fenêtre les enfants faisaient un bonhomme de neige.
Distraite, j’écoutais les réclames comme pour éloigner l’angoisse de la page blanche, l’angoisse des premières phrases. Mon regard fut attiré par un mouvement, le petit homme marchait dans le jardin d’hiver. La neige gelée ne permettait que de tous petits pas. Dans son grand manteau qui recouvrait son habit de clown il ressemblait à ces femmes chinoises aux pieds bandés. Une interruption des réclames, et une voix robotisée annonça « un clown s’est échappé du cirque ». Le flot de publicité reprit. Mais je n’entendais plus. Je regardais le petit homme. Le stylo que j’avais trouvé dans une poche, se posa sur la feuille de papier immaculée, puis je laissais l’inspiration tant désirée m’aspirer. Prête, je la laissais s’écouler dans l’encre de mon stylo. J’imaginais l’homme et les cités perdues où il s’égarait, blessé par L’écharde du silence, dans un monde où la chaleur des mots avait disparu, remplacée par Le bleu des voix, bleues comme les glaciers de l’Intérieur Nord. J’oubliais les réclames de CEAS, le long métrage qui suivrait. J’oubliais le cri des enfants sous ma fenêtre autour du bonhomme de neige. J’avais oublié tout cela. Mon univers commençait avec, au milieu de nulle part, le petit homme perdu dans le jardin, recherché par toutes les polices du cirque et malmené par le silence.

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Mélodie - dans Jeux de mots
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Mélodie
  • Le blog de Mélodie
  • : Plaisir d'écrire
  • Contact

Profil

  • Mélodie

Le jardin de Mélodie

Toi, l'ami qui vient me lire,

Ici, tu es libre.
Tu peux juste passer le long de la clôture,
entrouvrir la petite porte,
ou bien venir t' asseoir sur le banc,
Coin-de-jardin.JPG t'imprégner des senteurs fleuries
des arbres de l'amour et de l'amitié,
des fleurs parfumées
De tendresse, de plaisir et de douceur
Reste, je te rejoindrais
à l'ombre des arbres
pour te donner la quiétude et la sérénité,
et si tu es bien, accepte quelques fleurs... 
Mon ami Sophocle,
ici tu verras comme
"il est doux de perdre la conscience de tes malheurs",
dis moi quand tu seras de passage!
Juste un signe qui sera
une graine de bonheur dans mon jardin! 

Recherche

Textes protégés

sceau1ah

00048925