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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 05:00

 

Un bon jour. Pour qui ? Pourquoi ? Est-ce vraiment un bon jour ? Certes pour moi, il le sera !

 

Ainsi en ai-je décidé un matin de janvier 2006. Ce jour-là, j’ai pensé en me réveillant qu’il serait bon ce jour, et pourquoi pas tous les jours à venir. Pas que les jours passés ne l’étaient pas, mais ils étaient banals, brodés d’ordinaire, de non-bonheur et de train-train quotidien. Chacun ressemblant au précédent et au suivant. Terne.

Alors oui ! Que chaque jour nouveau soit bon ! Egoïste, m’a-t-on dit dans l’incompréhension du moment de mon départ. Oui, juste une fois dans ma vie, décider pour moi, sans penser aux autres, et ainsi me dire et faire que chaque jour nouveau sera bon pour moi.

 

Aujourd’hui, comme chaque matin, en m’étirant je dis haut et fort : « Bonjour la vie ! »

 

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 13:22




Le ciel bleu azur nous fait deviner l'infini de l'univers. La lumière blanche du soleil matinal innonde le paysage. Les ombres raccourcissent doucement dans les ruines. Trop tôt pour les touristes. Dans les  ruelles vides quelques fantômes noctambules prennent le soleil avant la foule des étrangers.
Ils se souviennent de ces jours heureux où personne ne connaissait Pompéi. Ville prospère du temps jadis!
Ils revoient ces journées tranquilles où la vie s'écoulait comme une rivière claire et douce.
Les épouses dirigeait la maison. Les servantes s'activaient. Les pièces couvertes de mosaïques étaitent lavées à grande eau et la fontaine chantait au milieu de l'atrium. Aprés le travail, les hommes passaient un long moment aux thermes où de longues discussions leur permettaient de refaire le monde. D'autres se rendaient à la taverne où ils pouvaient autour d'une table bien garnie boire le bon vin des coteaux du Vésuve. De jeunes esclaves dansaient comme des vestales pour le plaisir de leurs yeux et de leurs sens. Que la vie était douce!
Ce jour-là, il faisait beau comme aujourd'hui. Un ciel bleu translucide et un soleil qui promettait la chaleur. Dans la boulangerie les fours chauffaient à plein rendement, et les grosses miches refroidssaient sur les murs de pierres. De l'autre côté de la rue, des femmes se pressaient dans la boutique de l'apothicaire et un peu plus loin on entendait les échos du marteau du forgeron. Des enfants couraient dans les ruelles déboulant dans les rues au risque de se faire renverser par les chars. 
Maintenant, on ne voyait plus la vie au coeur de cette ville. 
Pour venir en ville, il y avait des barrières de péage et des étrangers venaient s'y promener sans se souciaient que cette cité était devenue un cimetière qu'un jour, des curieux se disant chercheurs avaient fouillé, creusé. Ils avaient réveillé les morts en révélant leurs corps piégés par les cendres du volcan, tordus de douleur pour certains ou pour d'autres surpris dans leurs activités.
Aujourd'hui, cette heure les fantômes vont se retirer. Les cars vomiront leur cargaisons et bientôt  les touristes envahiront les lieux.

Pour Ecriture Ludique : Ecriture sur Image proposée par Harmonie
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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 06:31

-   Bien, bien. Procédons par élimination. Est-ce un être vivant ?

 

-   Seul, inanimé, mené à son corps défendant il donne vie à des merveilles.

 

-   C’est quelque chose de concret ou d’abstrait ?

 

-   Avec son aide, l’immatériel devient réel, le rêve devient réalité et le mal-être, bien-être.

 

-   C’est un objet familier ?

 

-   Depuis que les hommes en ont besoin, oui ...  Il fut une longue période où il n’était utilisé que par des privilégiés. Maintenant, même s’il reste encore des gens qui ne l’utilisent pas, c’est un objet familier.

 

-   Est-ce que nous l’utilisons tous les jours ?

 

-   Toi, moi, l’utilisons, pour le plaisir, par obligation, dans le domaine privé ou professionnel.

 

-   Moi, en temps que professeur de lycée, pourrais-je m’en passer ?

 

-   Sans, ce serais un handicape. Toute explication deviendrait abstraite et tu serais dans l’impossibilité d’exercer ton métier.

 

-   Et toi ?

 

-   Moi, l’informaticienne, utilisatrice de technologies modernes, je pourrais m’en passer, Cependant, c’est quelque chose que j’ai besoin d’avoir à portée de main. En dehors de mon travail, je l’ai toujours avec moi, mais je ne peux l’utiliser seul. Pour toi, il en est de même.

 

-   Donc, pour toi il est toujours en binôme, accompagnant un autre objet, et c’est pour quelque chose que nous faisons l’un et l’autre ?

 

-   Oui. Avec eux nous ne sommes jamais seuls. Dans mes promenades, le soir blottie dans un fauteuil, ou assise au creux des dunes à regarder la mer se déchainer sous le vent de la tempête, j’en ai besoin, c’est mon oxygène…

 

-   Je commence à voir, que notre point commun c’est d’être ici, sur ce blog où nous nous amusons avec les mots. Pour certains c’est un passe-temps, pour d’autres c’est un moyen de s’évader, de rêver, c’est une façon de combattre le stress …

 

-  

 

-   Tu souris …

 

-   Oui …

 

-   Alors, avant que son règne ne se termine, remplacé par un clavier, un stylet, je rends hommage à cet objet, compagnon infatigable de mon carnet moleskine, pour que tu aies le plaisir de me lire. Je t’avoue qu’un crayon suffit à mon bonheur.

 

Mélodie 

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 06:00

Dimanche ! Après-midi de pluie.

Le soleil est parti éclabousser de lumière le dessus des nuages.
Nuages gris de pluie, déchirés, inondant la terre.

Notre promenade écourtée, nous sommes rentrés en courant dans le cabanon.

Après notre douche chaude, emmitouflée dans un peignoir trop grand, je nous prépare une tasse de cacao brulant.

Par la fenêtre de la cuisine ruisselante de pluie je ne distingue plus la mer aux couleurs du ciel, grise, noire.

Temps de crêpes !

Quelques œufs frais, de la bonne farine du meunier, du lait de la ferme et du rhum de planteur.

Longue silhouette immobile sur le pas de la porte, uniquement vêtu d’un jean, tu me souris. Je prends le tablier fantaisie où est écrit « c’est moi le chef ! »  J’enlève le peignoir et met le tablier. La bavette dissimule à peine mes seins. Ton regard s’assombrit.

Sur la table, je pose la terrine et tu t’assois en face de moi.  J’y tamise la farine, une pincée de sel, je mélange puis j’ajoute un peu de poudre de levure. Je creuse une fontaine. Je te regarde et prends un œuf dans ma main. Je le casse au dessus d’un bol et le verse dans la farine. Avec une spatule, je mélange un peu. Puis je recommence avec chacun des œufs.

Je me retourne et prends la bouteille de lait… Je ne t’ai pas entendu approcher, mais tu es là, tout prés derrière moi, admirant mon dos nu et ma chute de rein. Tes lèvres se posent sur ma nuque et tes mains sur ma taille. Je reviens devant la table, je verse le lait doucement dans le mélange tout en remuant. Au rythme de ma main qui tient la spatule, tes mains dansent et s’aventurent sous la bavette du tablier. Je m’appuie contre toi. Dans le salon, la trompette de Chet Baker chante une douce mélodie, je perçois la chaleur de ton corps contre mon dos et la douceur de tes lèvres au creux de mon cou. Il me faut verser le rhum pour parfumer la pâte … L’arôme de l’alcool nous enivre.

Je recouvre la terrine avec une assiette.

Je me retourne vers toi, noue mes bras autour de ton cou, me sers contre toi et tout contre tes lèvres murmure : « la pâte doit se reposer … »

 Mélodie 

 

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 10:00

Inspiré du tableau de Joëlle, « Rue des étoiles »

 

Du fin fond de l'univers, dans le silence de l'immensité, il avance.

Pas de bruit, pas même un chuintement. L'astéroïde traverse inlassablement les galaxies, contournant les étoiles, suivant une trajectoire déterminée pour l'éternité.

L'âme de la roche se souvient et rêve à ces temps anciens où avant de devenir roche morte, elle faisait partie d'une belle planète.

Elle rêve à l'atmosphère bleutée où naviguaient des nuages d'eau. Elle songe à son astre de la nuit qui en quartier, s'accrochait dans le ciel pour que Pierrot conte fleurette à Colombine.

L'astéroïde est de retour. il vient de passer l'extrémité du grand axe de son ellipse. Dans quelques années-lumière il repassera à son point de départ.

Reconnaîtra-t-il la Voie Lactée, et le Soleil est-il encore une étoile ?

Il était un morceau de la surface de la Terre… une ile au milieu de l’océan Pacifique… Un paradis sur Terre…

Lors de son départ, c'était l'apocalypse. Les planètes, les unes après les autres s'étaient désintégrées, envoyant au travers de l'univers, des millions d'astéroïdes visiter la rue des étoiles.

 

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 06:00

 
Presque deux semaines que je mets mon cerveau en ébullition pour caser deux mots. Deux mots, plutôt banals "ça" et "chauffe". "Ça" comme cela, en opposition à ceci.

"Ça" plutôt familier, plus éloigné que ceci, "ça" peut être méprisant si on y met le ton.

Et puis "chauffe" du verbe du premier groupe chauffer conjugué à la troisième personne du singulier. Parce que "ça" c'est on, c'est il, c'est rien ni personne, c'est indéfini, comme ça !

Et c'est en faisant une histoire que ça deviendra quelque chose, ou quelqu'un un peu méprisé.

Et puis chauffe... chauffe Marcel ! Pour l’accordéoniste ! Ou faites chauffer la colle quand on est prêt... Dans les starting-blocks comme le sprinter qui s'est échauffé avant.

Ah ! La ! La ! "Chauffe" et "ça" comment voulez-vous que je les marie ces deux-là.

Que se passe-t-il là-bas pour que ça devienne important, pour qu'il chauffe un max ?

Ah ! Oui ! Et si je faisais des bêtises, hein ? Ça pourrait chauffer pour mon matricule... raté...

Là, j'ai vraiment la pression ! J’ai la vapeur qui me sort par les oreilles.

Ça chauffe dans le ciboulot...

Ça y est ! Fallait bien que ça chauffe !

Maintenant je vais pouvoir mettre l’eau à chauffer pour les pâtes, et faire une pose sur le canapé en attendant que ça chauffe !

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 09:04

Pour Ecriture Ludique, exercice 69 - Chroniques intimes (Michel)

Le numéro et le titre de cet exercice vous inquiètent ?

Pas de raisons !

Sous ce titre volontairement trompeur, il s'agit d'écrire un ou plusieurs textes autobiographiques où vous vous mettrez à nu, avec certains de vos traits de caractère, certaines de vos pensées, pour nous raconter... votre vie en résumé, qui vous êtes, un moment bien précis, à votre convenance... mais votre sujet doit être "vu de l'intérieur". Il faut que ce soit vraiment vous, vos émotions, vos idées, sans travestissement, mais vous choisissez évidemment quels aspects vous mettez en lumière, quels vêtements de l'âme vous ôtez pour vous dévoiler aux lecteurs.

 

 

Matin brumeux ! Matin gris de l’automne ! Jour de labeur !

Il fait encore nuit. Quelques minutes de voiture, et me voila piétonne entrant dans ce grand immeuble moderne, lieu de mon travail.

Il est 7h30. J’aime ce moment de la journée, dans les bureaux paysagés encore endormis.

J’allume l’ordinateur. Cette heure de tranquillité me permet de réaliser les tâches qui me demandent le maximum de concentration.

Vers 9h, mon téléphone portable sonne pour m’annoncer un message. Je souris. Je sais. C’est toi. Loin de moi, chaque matin tu me souhaites le bonjour, illustrant tes mots d’une image, un chaton portant mon nom, un gros chat embrassant une petite souris, et le petit message se terminant par « gros bisous ». Je te réponds alors avec cette image représentant une frimousse radieuse commentée de ces quelques mots : « bonne journée à toi, bisous câlins ».

Cet instant magique de bonheur est mon rayon de soleil et qu’importe la météo je resterai sur mon petit nuage.

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 08:19

Le quadrillage Seyès traverse les pages du cahier d’écolier. Pas de spirale à éviter, Juste un virage en épingle à cheveux pour continuer sur le retour de la feuille de papier. Sur la page immaculée les lignes droites se croisent. Verticales, plus espacées, horizontales, plus serrées pour servir de guide à l’écriture. Une seule ligne se distingue des autres. Elle est rouge pour délimiter la marge. Quelques unes horizontales et à intervalle régulier semblent plus appuyées. Ce sont elles que l’on nomme Lignes, les autres ne sont que des traits.

D’autres lignes viendront perturber cette rigueur quasi militaire. Ce sont des lettres, des mots des phrases qui viendront au gré de la plume se poser de manière anarchique. On parlera de traits de plume. Mais malgré tout, ce sont des lignes, n’est-ce pas ? Tarabiscotée, je vous l’accorde. Des lignes fantaisistes, qui formeront des arabesques, des ronds, des courbes, enchainées, interrompues suivant la Ligne du cahier, ne dépassant pas la ligne du dessus, si frêle, mais au rôle si important. Quelques fois la plume la dépassera allégrement ou taquine, juste au dessus y déposera la ligne la plus courte, un point, ou bien un peu plus loin posé sur la Ligne, comme pour dire « on s’arrête là ! ».

Mais la plume est taquine, assoiffée, elle s’imprégnera trop d’encre. Regardant cette fofolle, les lignes du cahier s’inquiètent, suivant du regard la plume qui s’agite au dessus de la feuille. Et surtout cette perle violette, accrochée au bec de la plume qui grossit, s’alourdit, et s’agite. Le lien avec la plume s’amenuise, le moindre geste et ce sera la catastrophe… Malheur ! C’est fait. La perle s’est écrasée et forme une petite flaque, un peu bombée et bien groupée. C’est une tache qui vient de rompre l’harmonie des lignes du cahier.

Et voila encore un accident ! De plus en plus inquiètent les lignes regardent une ombre progresser sur la feuille… C’est un buvard ! Et oh ! Catastrophe il est tout neuf ! Il ne connaît rien au travail. Les novices ne savent pas boire doucement l’encre, ils l’écrasent ! Et oui ! Quel idiot, il vient d’écraser brutalement et d’agrandir la tache ! 

Les lignes apparaissent encore au travers de la tache. Le jeu de massacre n’est pas terminé. Vorace, la gomme à encre vient d’apparaître et brutale autant qu’elle peut l’être, voulant manger la tache, elle se frotte de plus en plus fort sur le papier fragile… La feuille est froissée, les lignes n’existent plus là où est passée la gomme … D’ailleurs plus rien n’existe ! La gomme a même avalé le papier ! Un trou s’est formé laissant apparaître les lignes de la page suivant !

La page trouée, souillée, est arrachée suivant une ligne brisée, chiffonnée, roulée en boule, elle atterrit dans la corbeille à papier. Les lignes du cahier coupées ne continuent plus sur l’autre partie de la feuille.

Une autre page, d’autres lignes essuieront les débuts maladroits de la plume lancée dans l’aventure de l’apprentissage de l’écriture.              

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 11:02

 

Pour Ecriture Ludique - AEL 05 - Début & fin (Kildar)
"Vos textes devront commencer et finir par les phrases suivantes :
Début: La pièce avait un haut plafond victorien, et il y avait une cheminée de marbre, et un avocatier qui poussait sur la fenêtre, et elle était couchée près de moi et dormait, très belle et blondement.
Fin : Elle était étendue là, profondément endormie ; ses errances étaient terminées et les miennes ne faisaient que commencer."


La pièce avait un haut plafond victorien, et il y avait une cheminée de marbre, et un avocatier qui poussait sur la fenêtre, et elle était couchée près de moi et dormait, très belle et blondement.
Sa longue jambe posée sur le drap, éclairée par un rayon du soleil curieux, bougea légèrement. Par la fenêtre entrebaillée la brise marine soulevait le rideau aérien.

Dans le jardin, le merle chantait au sommet du pommier et plus éloigné, le rire des mouettes au dessus du port, accompagnait le départ des bateaux de pêche.

Je bougeai légèrement mon bras ankylosé par le poids de sa tête qui reposait au creux de mon épaule. Ses longs cheveux blonds éclaboussaient d'or, l'oreiller recouvert de lin blanc. Elle soupira doucement. Elle frissonna, je remontais le drap sur ses épaules. Sa main posée sur mon cou se fit douce et légère comme une plume. Et ce fut son rêve, comme une promenade matinale. Je fermais les yeux. Sa main s'arrondit sur mon épaule, dessinant le grain de beauté, puis descendit jusqu' au coude, puis remonta à l'intérieur du bras, là où la peau est si douce et effleurant le creux de mon aisselle me fit tressaillir. Douce main comme une aile de papillon, dansant parmi un champ de fleurs. Mais il s'agissait de mon corps, mon corps d'amant appaisé aprés une nuit d'amour. Dans son sommeil, quel rêve animait sa main vagabonde? J'avais envie de la saisir pour qu'elle s'arrête, mais non qu'elle continue! Mon corps en redemandait. La main douce, se dispersa sur mon torse. Les yeux fermés je savourais les sensations q'elle éveillait en moi, malgré la courte nuit. Comme une plume elle joua autout de mon nombril, puis se posa. Je retenait mon souffle, attendant un nouveau trajet dans une autre direction. Son avant bras posé en travers de mon bassin, la main vint se poser sur ma hanche. Au creux de mon cou, le souffle se fit plus régulier, plus profond. Je respirais de nouveau, lentement comme aprés un effort. Toute la peau de mon corps en éveil, espérant et redoutant à la fois le prochain frisson. Elle se lova un peu plus contre moi, une jambe repliée, glissée entre les miennes. Les bruits lointains de la ville qui se réveille, pénétrèrent dans la chambre. Je pris conscience que ma main caressait machinalement son épaule. Je repoussait une mèche de cheveux égarée sur son front... Elle était étendue là, profondément endormie ; ses errances étaient terminées et les miennes ne faisaient que commencer.

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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 07:05

Je ferme la porte de la maison. Derrière la fenêtre le chat, me fixe intensément. Ce matin, il devait bien sentir que ce n’était pas un jour comme les autres, il n’a pas arrêté de se frotter sur mes jambes et de monter sur mes genoux dés que je m’asseyais.

Je tourne le dos à la maison et me dirige vers le port. Dans le petit matin de juin, les rues sont désertes. Un peu d’animation quand je passe prés du marché. Toutes les senteurs se pressent puis s’estompent doucement, pour être remplacée par les odeurs de marée, de poissons et de fuel mélangées.

Le Port ! J’y suis. Devant la gare maritime, je regarde les annonces des départs. Je sens, je renifle, je respire le port. Mes yeux survolent tous ces bateaux et s’arrêtent un instant sur ce long paquebot. Sur les ponts, des mains s’agitent et pour mieux être vues, reconnues elles sont agrémentées de foulards multicolores. Sur le quai, d’autres mains s’agitent, de ceux qui resteront qui ne voyageront que par procuration au travers des cartes postales que les autres voudront bien leur envoyer. Mon regard se détourne du flot bigarré de cette foule statique. 

Je m’éloigne d’un pas tranquille, sans but. Mon regard, caché par les lunettes de soleil est à l’affût de quelque chose. De cette chose qui changera de manière radicale le cours de ma vie. Cette chose ? Ce je ne sais quoi… Juste un signe … signe du destin qui me jettera dans un futur imprévisible… un peu d’aventure, un peu de fantaisie.

J’arrive aux pontons des bateaux de plaisance. D’autres senteurs me montent au nez, ici une odeur de « Mirror » qu’on a utilisé pour faire briller le laiton, ailleurs peut être une odeur de bois ciré. Plus loin l’odeur de café et pain grillé me fait sourire. Un homme aux yeux plissés et au teint buriné me salue et me propose une tasse de café. J’hésite et puis j’accepte, j’ai tout mon temps. Il me parle de ses voyages, de sa dernière traversée de l’atlantique, de son tour de l’Australie, des gens qu’il rencontre dans les ports. Il est surpris par mes réticences à répondre à ses questions. Quand je lui dis que je n’ai pas de projet bien défini, mais que j’aimerai partir. Je connais la navigation. Tous les étés je passe mes vacances sur le bateau d’amis. J’aime le maniement des voiles. J’aime le vent qui gonfle le spi. J’aime la mer. En riant, il me dit qu’il ne prend pas d’équipier, et encore moins d’équipière. Il m’indique un ponton où des bateaux pourraient avoir besoin d’un équipier.

Un autre ponton, d’autres gens qui s’activent aux préparatifs du départ … indifférents à ma présence. Un peu à l’écart, arrimé le long d’un quai, un catamaran de course étire son mât vers le ciel. Les drisses agitées par le vent cliquettent sur le long tube en carbone. Tout est calme à bord. Je m’assoie sur une bite d’amarrage et admire le bel oiseau blanc. Les emblèmes des sponsors colorent les coques et leur donnent un air d’arlequin. Je détourne le regard attiré par le bruit insolite d’un moteur de voiture qui s’arrête non loin de moi. L’homme qui en descend, est un vieux loup de mer, son regard bleu comme le ciel des mers du sud me scrute. Bougonnant un vague bonjour, il se détourne pour décharger la voiture. Je suis un peu comme un chat, attentive à chacun de ses gestes. Il range le matériel, fait de nombreuses vérifications. Je souris quand je le vois sautiller sur le trampoline. C’est curieux comme un homme d’une telle stature peut se déplacer avec une telle légèreté. Le bateau est magnifique. Je lève les yeux vers le haut du mât. L’homme remonte sur le quai pour détacher les amarres, me salue de la tête. Remonté à bord, il lance le petit moteur qui lui permettra de sortir du port.
Je le regarde s’éloigner, dés qu’il a dépassé le port, le vent s’est engouffré dans les voiles. Je reste sur le quai, imaginant la grand-voile gonflée par le vent, la musique du carbone, les embruns sur mon visage, les vagues se brisant sur les coques, et le bel oiseau dressé sur ses foils prêts à s’envoler.

Je ne suis plus là sur ce quai abandonné. Les bruits lointains de la ville se sont évanouis remplacés par ceux de la pleine mer. Prise dans les embruns de mon rêve je remonte le quai. C’est mon jour de folie, à la gare maritime, j’achète un billet pour le prochain départ : dans 12h pour un tour du monde… 

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Toi, l'ami qui vient me lire,

Ici, tu es libre.
Tu peux juste passer le long de la clôture,
entrouvrir la petite porte,
ou bien venir t' asseoir sur le banc,
Coin-de-jardin.JPG t'imprégner des senteurs fleuries
des arbres de l'amour et de l'amitié,
des fleurs parfumées
De tendresse, de plaisir et de douceur
Reste, je te rejoindrais
à l'ombre des arbres
pour te donner la quiétude et la sérénité,
et si tu es bien, accepte quelques fleurs... 
Mon ami Sophocle,
ici tu verras comme
"il est doux de perdre la conscience de tes malheurs",
dis moi quand tu seras de passage!
Juste un signe qui sera
une graine de bonheur dans mon jardin! 

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