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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 07:00

 

L’arbre noir, trapu, courtaud se dresse comme un empereur romain au bord du champ de bataille. L’arbre, comme un soldat au garde à vous, surveille le gouffre profond. De très loin on entend le bouillonnement des cataractes submergeant le ru niché au creux du gouffre.

Au bord du précipice, non loin de l’arbre noir, j’hésite, je piétine, prête à traverser sur la passerelle en rondins de bois disjoints. Le brouillard monte du canyon, mouillant et imprégnant tout d’humidité collante. Comme sous un brumisateur, mon visage se couvre de perles de rosée. Mes cheveux courts lentement oublient le brushing et se tordent en frisotis serrés. Mon pied posé sur le premier rondin, je lève les yeux vers l’ouest qui se pare de sang et d’or.

Avant la nuit, il faut que j’aie traversé le canyon, ce serait plus raisonnable ! En ai-je vraiment envie ? Pas trop ! Je souris. Mon regard se tourne vers l’est qui s’est vêtu de sa chemise de nuit de velours noir. Les nuages couvrent le ciel d’une doudoune gris anthracite. Je rêve aux étoiles masquées, diamants dans la nuit scintillant à la lumière du soleil endormi.
La raison s’insinuant dans mon esprit rêveur, je porte mon regard de l’autre côté du gouffre. Les bruits de la terre prennent le dessus pour me rappeler à l’ordre. Doucement, j’avance sur la passerelle qui grince et se balance à chacun de mes pas. L’ombre de l’arbre noir, doucement, s’atténue et disparaît quand l’or du soleil plonge derrière l’horizon.

Le bruit assourdissant du ruisseau transformé en torrent monte des profondeurs du canyon. Enfin, sur l’autre rive, la raison me libère et mon esprit repart en vagabondage. Je vois l’ouest se vêtir de sa tenue de nuit et de son gros manteau de pluie. Le ciel est si bas, que je pourrais attraper la dernière pépite de cuivre rouge lancée par le dernier rayon du soleil. Les yeux fermés je respire les senteurs de la terre mouillée, de mousse, de champignons et de feuilles mortes humides. Je remonte le col de mon imperméable et je fais tomber la capuche sur mon front. Au bout de l’allée, la lampe au dessus de la porte m’indique le bout du chemin. Tandis que je me hâte vers la maison les arbres qui bordent l’allée comme un cocon se penchent vers moi et me saluent pour la nuit.
Demain, lors de ma promenade du soir, sous une autre lumière, au son d’une autre musique l’arbre noir dessinera pour moi, un autre tableau.

 

 

Texte inspiré par le tableau « Légendes célestes » de Joëlle Chen

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 09:53

 

proposition 51: Ecrire un texte en se servant d'au moins 15 mots, sur les 25 proposés: documents, encre, 30 degrés, huile, plongeoir, gris(e), feuille, stylet, perle, soupir, saveur, connaître, maître, réception, anglais, fée, prune, rouge, fusil, éloigner, danser, lumière, soleil, décennie, ronronnement

 

 

 

Enfin ! Un grand voyage ! Partir ! Le grand oiseau blanc s’est élancé dans un ronronnement de grand fauve satisfait. J’ai vu s’éloigner le grand tarmac. Par le hublot, j’ai vu le soleil s’abimer dans la mer. Les lumières se sont éteintes progressivement tandis que les passagers s’endormaient pour ce long périple aux antipodes de la Terre. 

Depuis une décennie, je n’ai fait que rêver à ce jour.

C’était à cette réception où le maître de maison, un anglais, pure souche, nous a abreuvé de ses voyages au bout du monde. Que de soupirs, en écoutant ses récits et exploits en ces terres lointaines que je ne connaissais pas. Je l’ai imaginé rencontrant les autochtones, participant aux fêtes, découvrant les saveurs, admirant la grâce des femmes qui dansaient. Le repas fut suivi d’une promenade dans son verger, il voulait que nous goûtions ses magnifiques prunes rouge foncé. Tout au long de cette promenade, j’ai accaparé notre hôte pour lui poser mille et une questions sur ces îles. Voyant mon enthousiasme, alors que nous passions prés du plongeoir de la piscine, il proposa de me montrer les souvenirs qu’il avait rapportés.

Nous entrâmes dans la bibliothèque où il avait installé son bureau. Pour commencer il me montra dans un cadre accroché au mur, la carte qu’il avait dessinée au commencement de son aventure. L’encre était délavée, mais tous les détails étaient encore visibles. Entre les deux fenêtres une huile, incroyable de vérité, représentait une plage de sable blanc nacré comme une perle, léchée par les vagues couleurs turquoise.  La chaleur était palpable, au moins 30 degrés à l’ombre, me dit-il. Dans une table-vitrine je découvrais un vieux fusil, il faudrait plutôt dire, un mousquet ; puis un stylet, Dieu seul sait à quoi il a pu servir! Et puis, il m’a sortir du fond du tiroir de son bureau, ses carnets de voyage couverts de cuir gris qui dans d’autres temps avait dû être noir. Il en choisit un et l’ouvrir. Je me penchais pour lire cette écriture serrée, quand une feuille s’est échappa. Il sourit en me disant que c’était son carnet préféré, le temps et les manipulations avaient usé la reliure. Merveilleux ! J’étais sans voix devant tous les documents qu’il me permettait d’admirer.  C’était comme si une fée était passée pour exhausser mon rêve.
Tout au long de ces dix années, je suis revenue pour lire et relire, réalisant mon rêve par procuration. Mais aujourd’hui, je vis mon voyage, mes carnets sont encore vierges de tout récit et mon sac vide de tout souvenir…

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 07:00


J'écris, souvent sur ce petit carnet moleskine que j'emporte avec moi partout où je vais ; en vacances, pendant mes promenades, toujours à portée de la main.

J'écris ! C'est comme une valse. Le crayon entre mes doigts hésite, se pose sur la feuille blanche, puis se soulève, et se pose à nouveau. Pour dessiner cette première lettre, majuscule, minuscule, qu'importe ! C'est le début qui est le plus excitant ! J'aime cette sensation de vide et de trop plein devant la page blanche quand les mots se bousculent comme à la porte du magasin un jour de soldes. Ils sont là, prêts à s'écouler du stylo...

Et c'est parti ! Simplement parce avec inconscience, les idées ne restant pas en place il faut les poser. Alors j'écris. Plus rien n'existe. Seul cet espace dessiné par la page du petit carnet et la hauteur du stylo qui de temps en temps s'élève pour se poser sur ma lèvre. Quelques mots colorés, quelques uns parfumés et ils prennent tournure pour faire un ensemble unique, quelques phrases qui s'unissent pour raconter peut-être la vie, un rêve, l'amour, la tristesse, l'amitié.

Simplement, j'écris. Je souris, je grimace, je fronce les sourcils j'entends ma voix silencieuse, dire ces mots en suivant le stylo, en y mettant la bonne intonation. J'écris la ponctuation approximative, imprécise qui m'obligera à me relire pour donner à la phrase le bon sens à mes mots.

J'écris. Je pose le stylo après le point final. La valse se termine en apothéose. 

 

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 22:00

Dans un paysage presque lunaire les bâtiments de la vieille usine sont alignés au cordeau. On n'entend que le vent qui siffle entre les bâtiments aux fenêtres éventrées. Il fait froid. Tout est à l'abandon. Le soleil peine à percer la couche de pollution. Le ciel a perdu de son existence-même. L'atmosphère est une couche de brouillard opaque et impénétrable dés qu'on atteint dix mètres au dessus du sol. De la grande cheminée de l'usine on ne voit plus rien. Tout est grisâtre, recouvert d'une épaisse couche de poudre plus fine que du talc, que le vent inlassablement essaie de balayer.

Une ombre avançait dans le brouillard, comme le fantôme d'un être humain. Quelques résidus de vieux sacs poubelle inutiles volent soulevés par le vent.

Un épaisse couche de poussière recouvre le sol que le vent de temps en temps soulève en tourbillons enveloppant le fantôme d'un manteau glacial. Les marques de pas n'existent pas, peut-être trop vite recouvertes, comme si le vent voulait effacer ce souvenir du passé.

Souvenir, de ce lointain passé où les hommes jouaient les apprentis sorciers, où ils voulaient dompter la nature, et n'ont fait que la détruire. Même le vent ne savait plus de quel côté souffler! La mer, réchauffée, engrossée de toute la glace fondue, s'alliant avec le vent a finit par se démonter, montrant ainsi qu'elle se rappelait comment faire un déluge et que les êtres vivants, entre ses mains, n'étaient que des fétus de paille seulement capable de prier. Longtemps la mer se promena sur toute la Terre la marquant de son empreinte, lavant ainsi toutes les cicatrices que l'Homme lui avait faites.

L'ombre continuait d'avancer entre les bâtiments de la vieille usine. Au bout de l'allée il aperçut l'ancienne maison du gardien, petite maison du Chnord, de briques qui devaient être rouges. Légèrement voilée par le brouillard atmosphérique, la fenêtre était ouvert et une ombre blanchâtre semblait s'y encadrer. Sur la vitre le fantôme aurait dû voir son reflet, mais il ne vit que la poussière de l'atmosphère, opaque, irrespirable... L'ombre blafarde aurait pu être un être humain survivant du grand cataclysme. D'autres ombres circulaient dans les allées de l'usine et toutes ralentissaient en passant devant la fenêtre sans oser s'en approcher. Le fantôme lui osa... Ce qu'il vit de prés... lui sembla être une femme, la peau vraiment blafarde, le visage irrémédiablement triste comme celui d'un mort-vivant. Elle ressemblait à une nymphette, mais le désespoir était passé par là. D'une main elle venait de soulever le rideau alourdi de poussière âcre, son regard traversa le fantôme pour s'abîmer au coeur de l'atmosphère. Puis, elle disparue dans un frisson. Le vent souffla un peu plus fort. 

Les ombres allaient et venaient au gré du vent. Petit à petit, la poussière nivellerait la surface de la Terre, sans espoir de renouveau.
Trés loin de là, à plusieurs millions d'années-lumière, une dizaine de navettes spatiales attérissaient sur une planète bleue...

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 08:30

J'étais venue te dire...

Que je n'en peux plus de cette vie qui n'en finit plus. Cette routine qui a "vampirisé" notre vie. Toi satisfait -du moins apparemment- de ces longtemps moments passés côte à côte, mois devant le PC et toi devant la télé, Je déteste tous ces non-dits. Je hais ces dimanche après-midi animés de grands prix de formule 1 ou de la dernière étape du tour de France. Je ne supporte plus mon rôle d'épouse. Je déteste ces vendredis soirs qui annoncent le week-end quand je rentre du travail, ayant fait les courses pour la semaine chargée comme un bourricot. Toi tu es dans ton fauteuil devant la télé sur une chaîne du câble. Tu me demandes :"qu'est-ce qu'on mange ?" je range les courses rapidement, je prépare le dîner "quand est-ce qu'on mange ?»... Le dîner est expédié presque en silence depuis que les enfants ont quitté la maison.

Je hais les soirées. Tu montes te coucher à 21h et moi je reste devant mon PC, discutant avec des aminautes retardant de plus en plus le moment d'aller me coucher.

J'étais venue te dire que je veux vivre et ne pas attendre la mort, que j'aimerais être accompagnée plutôt que mal accompagnée...

J'étais venue te dire ...
mais...

Je suis venue te dire que je m'en vais, que je demande le divorce, que je ne t'aime plus.

 

Mélodie

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 16:00

 

C’était il y a longtemps, il me semble…

Souvent à ce moment-là, je partais marcher, marcher, marcher … pour échapper à ce quotidien qui m’ennuyait, me rongeait de l’intérieur, pour m’éloigner de cet appartement toujours en chantier, de ces murs jamais finis qui me déprimaient, pour m’évader de cette vie monotone.  Je marchais sur le chemin de halage, mon carnet à la main, oubliant la réalité, me laissant aller à rêver. J’étais en paix, seule et pourtant que de monde venu apprécier cette fin de journée.

Je prenais, je buvais à perdre haleine la quiétude de ce lieu où seule la nature fait loi.

En cette fin d’après-midi d’hiver, le ciel sans nuage se reflétait dans l’onde. Sans vent, l’eau n’avait aucune ride. Seulement ce couple de cygnes et quelques canards rompaient la surface lisse du fleuve.  Je retrouvais la souche où je m’asseyais d’habitude pour rêver, écrire mes rêves d’autre chose, de voyages, d’amitié, d’amour, d’amants attentionnés, doux, délicats, passionnés, de bonheur partagé.

Mais ce jour-là, je ne voulais pas rêver, je voulais penser et apporter les réponses à mes questions. Que sera mon avenir ? Comment devais-je donner un nouveau sens à ma vie ? Devais-je continuer ainsi, sans rien attendre, juste survivre ?

L’eau était limpide. Par transparence j’apercevais les plantes aquatiques qui suivaient le courant. Et moi, allais-je me laisser porter ainsi par le courant ? Pourquoi ? Pour qui ? Pour ne pas faire de chagrin, pour ne pas faire de mal, je pouvais continuer … Mais c’est moi qui aurais mal …Le voulais-je vraiment ? Pour une fois, penser à moi ? Ne plus ressentir ce mal-être, cette tristesse ?

Alors, un mot, me foudroya, que je refusais et repensais à nouveau, que j’essayais d’avaler, qui m’étouffait…Le soleil était couché quand, les larmes coulèrent, salvatrices, quand la certitude se fit sentir… Enfin ce mot, je le murmurai, je le pleurai, je le pensai, je le dis, je le criai …
« Divorce ! »

C'était un soir, je regardais la Loire...."

 

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 16:00

Pour la petite fabrique d'écriture



Je me souviendrai de tout.

Je me souviendrai de nous.

Je me souviendrai de nos premiers regards un peu hésitants, un peu timide.

Je me souviendrai de ton regard interrogatif pour me donner ce premier baiser sur les lèvres.

Je me souviendrai de ce printemps et de nos ballades dans Paris, de l'Ile de la Cité au quartier latin en faisant un détour par l' île Saint-Louis;

Je me souviendrai de Montparnasse et de ces bistros sympa, des Champs-Elysées quand nous jouions aux touristes.

Je me souviendrai de notre ballade en bateau-mouche quand tu m'embrassais à chaque pont.

Je me souviendrai de ces petits restos, différents à chaque fois, où tu me faisais découvrir les cuisines exotiques.

Je me souviendrai de nos baisers doux, découvreurs.

Je me souviendrai de la fête de la musique, quand tu m'as embrassée et quand nous avons fui en riant devant l'appareil photo du japonais.

Je me souviendrai de nos séances de cinéma, où nous nous embrassions comme des adolescents.

Je me souviendrai de tes messages quand tu es loin de moi.

Je me souviendrai de notre première fois...

Je me souviendrai de tes bras qui me cherchent au milieu de la nuit, pour une caresse à peine effleurée.

Je me souviendrai de toi tendresse, de toi passion, de toi calin, de toi ami, de toi amant...

Je me souviendrai de toi.

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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 06:00

Pour le cinqième défi des parchemins Bigorphea: Vous êtes un animal... Racontez-nous une journée ou un moment, drôle ou pas, en vers ou en prose...


J'ouvre les yeux, plutôt ensommeillés ! Je suis bien, là ! Tout contre ma maman ! Je baille un grand coup et doucement me glisse vers ma tétine. Mes deux frères sont déjà en train de boire. Je suis la plus petite et j'ai eu beaucoup de mal à boire le lait de ma maman. Maintenant je bois tellement bien que les deux-pattes sont en admiration devant mes progrès. ça c'est vraiment quelque chose, un deux-pattes ! mais quand j'en parle à mes frères, ils me disent de ne pas m'en occuper, que c'est rien ! D'ailleurs ils ont des pattes bizarres, avec des bouts qui dépassent. Ce ne sont même pas des griffes, Ils appellent cela lacets ! J'aime bien jouer avec ! Ça bouge tout seul quand ils marchent.

Aujourd'hui, maman nous a fait une belle toilette. Elle a expliqué que c'était pour faire bonne impression. Je n'ai pas compris ce qu'elle entendait par là. Avec mes frères, nous avons 90 jours, ils ne veulent pas jouer avec moi, parce que je suis une chatte et trop petite, qu'ils disent. Alors je regarde maman faire sa toilette et j'essaie de faire comme elle et je joue avec ma boule de papier. Elle m'a appris comment aller à la litière et maintenant je m'y rends toute seule. Mes frères ont encore besoin que maman leur montre. Elle m'a fait voir comment boire de l'eau dans la gamelle sans monter dedans. Mes frères montent sur le bord, glissent, se retrouvent tout mouillés et maman doit refaire leur toilette complètement.

Il y a quelques temps des deux-pattes sont venus nous voir. Ceux de la famille étaient tous excités. Au loin j'avais entendu leurs voix et surtout une voix inconnue, douce et riante. La porte était ouverte. Ce n'était pas normal. Je m'éloignais du panier et m'approchais du pas de la porte. Au delà, c'était interdit et dangereux, disait maman. Deux pieds que je ne connaissais pas arrivèrent devant mes yeux. Encore un pas et les lacets s'agitèrent. Je m'approchais encore et commençais à jouer avec, quand j'entendis une douce voix. "Comme il est mignon". La maîtresse remarqua : «non, mignonne, c'est une chatte". La voix douce se baissa. Ses doigts de patte de devant s'agitèrent. Elle a joué un peu avec moi. Quand elle a vu que j'étais fatiguée elle m'a reposée auprès de ma maman qui m'a refait ma toilette avant que je m'endorme. Plus tard, maman m'a raconté que j'avais rencontré ma maîtresse, que c'était bien, que j'étais une gentille petite chatte. Ma maîtresse m'a baptisé "Mélodie», ce sera mon nom.

Aujourd'hui est donc un jour spécial, ma maman est toute bizarre quand elle me regarde. Elle a fait ma toilette plusieurs fois. Mes frères sont tous calmes.

Quand les deux-pattes sont arrivés, j'ai reconnu l'odeur de ma maîtresse. Maman est restée dans le panier quand je me suis dirigé vers ma maîtresse. Elle m'a tendu la patte, je l'ai sentie et mordillée. Elle a posé sur le sol, un panier qui avait un toit. Dedans elle a lancé ma balle que je me suis empressée de suivre, le coussin était tout moelleux, je n'ai pas entendu le bruit de la porte qu'elle fermait, trop occupée à jouer. Alors de sa voix douce elle a dit : "Viens Mélodie, tu vas découvrir ta nouvelle maison".

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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 06:00

Raconte-moi ton premier secret…

Le premier ? Parce qu’il y en aurait d’autres ?

Que de secrets garde-t-on tout au long d’une vie ! De vrais secrets ? Pas tant que ça !

Alors commençons par le premier, puisque c’est là le but du jeu.
Le premier secret ? Une idée, une pensée qu’on a gardée scrupuleusement pour soi. L’objet qu’on a caché, enfoui pour que personne ne le trouve. Et qui glisse obstinément entre les mains de celui qui l’effleure. 

C’est quelques fois la bêtise, l’interdit qu’on a fait dont personne ne se rend compte, que personne n’a vu ou qu’on n’a jamais avoué.

On n’en parle pas. Au creux de la nuit, dans des moments de solitude, on y pense, on se le raconte et re-raconte en pensant à ceux qui seraient surpris s’ils savaient ; alors, on sourit.

C’est comme une dégustation d’un bon vin. On le hume, on se délecte de son parfum. On admire sa couleur, sa consistance. Il tourne dans notre tête comme on fait tourner le verre-ballon. On le décrit, on lui donne tous les adjectifs les plus beaux. On savoure cette idée qu’on est le seul à connaître.

C’est comme la gorgée de vin qui glisse sur les papilles. A peine piquante, le goût se fait doucement en harmonie avec le parfum qui le premier a envahi les narines. Toutes les sensations reviennent, envahissantes, bonheur, malaise, honte peut-être, mais on ne peut s’empêcher de les revivre.

Doucement elles s’estompent, nous laissant tomber dans une certaine quiétude, ou inquiétude de peur que cela soit découvert.

C’est aussi, l’envie de dire : « je vais te raconter mon secret ».

 

Mais si je te le raconte, ce ne sera plus mon secret !

 

Alors, mon premier secret c’était, parce qu’il y a longtemps qu’il ne l’est plus.

 

J’avais 6ans. Un jour ma maman m’a dit : « je vais te dire un secret. Mais il ne faudra le raconter à personne. » J’ai hoché la tête. « Papa et moi, nous allons divorcer ». Je n’ai pas vraiment compris ce que cela signifiait.

Le lendemain matin, à l’école, la maitresse nous a dit de nous asseoir, juste avant la leçon de morale, j’ai levé le doigt pour demander la parole. La maitresse m’a donné l’autorisation de parler.

Je me suis levée et j’ai dit : « Mon papa et ma maman vont divorcer, c’est un secret, il faut le dire à personne »

 

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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 16:00

Pour le 4ème défi des parchemins Bigorphéa: Mensonge? 

C’était le mois de mai. Il aurait pu être banal. il fut exceptionnel, et même historique. Mai 68.

je me souviens de cette année là, pas à cause du mois de mai, mais parce que j'étais entrée au lycée, que c'était mon année de seconde.

L'année où moi, la meilleure élève en maths pendant mes années collège, j'ai dû affronter les mathématiques modernes et la géométrie dans l'espace.

Jusque là, les ensembles, éléments, notions d'appartenance n'existaient pas. Et tout à coup, je n'ai plus eu d'équation à résoudre. on me parlait un langage que je ne comprenais pas. Et les notes en dessous de 5 s'alignaient dans mon carnet. ça aurait pu ne pas être grave dans une seconde littéraire, mais en seconde C, c'était la catastrophe. Il était impensable que j'aille en littéraire, à cette époque j'étais incapable de disserter, d'aligner 2 mots.

Je ne me laissais pas décourager. Je suivais les cours de maths, je travaillais autant à la maison. Le prof nous annonça le contrôle qui compterait pour le livret scolaire - vous savez, celui qui nous suit jusque' au bac et il précisa que ceux qui ne viendrait pas aurait zéro.

Le jour du contrôle, grève des bus ! Et super manif à Paris au quartier latin. J'annonçais à ma mère mon intention de me rendre au lycée à pied pour faire le contrôle. Je ne sais pas bien pourquoi, elle était persuadée que je voulais me rendre à la manif! La discussion a été très houleuse.

Je suis quand même rendue au lycée... pour trouver porte close : "LYCEE EN GREVE" annonçait la pancarte.  Avec quelques camarades de classe, nous sommes allés dans notre troquet, pour discuter, refaire le monde et jouer au baby-foot !

Quand je suis rentrée à la maison, ma mère me demanda comment s'était passé mon contrôle,  non sans ironie, comme si elle savait que le lycée était fermé. Je lui dit donc ce qui 'était passé. J' reçu la plus grosse engueulade de ma vite. Je n'ai pas d'autre mot pour la qualifier. Le mot menteuse revenait comme une mitrailleuse, elle criait tellement fort que j'en avais la nausée. Elle s'est arrêtée quand je me suis précipitée aux toilettes pour vomir. La voyant plus calme et malgré le visage fermé qu'elle affichait, j'ai essayé de lui expliquer de nouveau. Elle m'a juste coupé la parole et m' a  dit que pour ma punition je n'irai pas au mariage de ma cousine au mois de juin. Puis elle s'est détournée pour ne plus m'adresser la parole.  Mes tentatives de communication n'aboutissaient pas. Je me sentais démunie devant cette rancune.

Je voulais lui dire l'absurdité de ce qu'elle imaginait. Moi, lycéenne de 15ans, avec mes couettes à la Sheila et mes socquettes, 1,55m, 42kg montant dans un camion militaire (service minimum de la RATP !) pour me rendre je ne sais où dans Paris ! Et crier des slogans révolutionnaires aux côtés de Dany le Rouge.  C'est vrai que je l'avais croisé à la sortie de mon lycée distribuant des tracts sur le "mouvement du 22 mars".  C'est vrai que pour elle il s'agissait d'enfants gâtés de bourgeois qui s'amusaient un peu...

Un jour, mon beau-père ayant pitié de moi, me conseilla de m'excuser. Mais, m'excuser de quoi ? Je ne comprenais pas. Avant de m'endormir et toute la journée j'ai répété ce que j'allais lui dire pour m'excuser. J'étais complètement déboussolée. J'avais désobéi, mais c'était pour une bonne raison.

Vers 18h, au moment où je l'aidais à préparer le dîner, je me suis lancée : "Excuse-moi d'avoir désobéi !" elle m'a répondu : "d'accord, mais la punition tient toujours». C’est tout. C'était comme si les deux semaines qui venaient de passer étaient effacées.

Ma fierté avait été égratignée.

Début juin, le lycée était toujours en grève. Je suis allée chez mon père rue d'Orsel à Paris. Il faisait très beau. J'ai fait du tourisme dans Paris. Pendant ce temps, ma mère, son mari et ma petite sœur faisait la noce aux Sables d'Olonne, le coffre de la voiture plein de jerricans d'essence et de pommes de terre. Ma tante était persuadée qu'on mourait de faim à Paris.

Ce refus de me croire est une cicatrice. Il m’est arrivé d’être traitée de naïve parce que je prends pour argent comptant ce qu’on me dit, tant que je n’ai pas la preuve du mensonge.

 

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Toi, l'ami qui vient me lire,

Ici, tu es libre.
Tu peux juste passer le long de la clôture,
entrouvrir la petite porte,
ou bien venir t' asseoir sur le banc,
Coin-de-jardin.JPG t'imprégner des senteurs fleuries
des arbres de l'amour et de l'amitié,
des fleurs parfumées
De tendresse, de plaisir et de douceur
Reste, je te rejoindrais
à l'ombre des arbres
pour te donner la quiétude et la sérénité,
et si tu es bien, accepte quelques fleurs... 
Mon ami Sophocle,
ici tu verras comme
"il est doux de perdre la conscience de tes malheurs",
dis moi quand tu seras de passage!
Juste un signe qui sera
une graine de bonheur dans mon jardin! 

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