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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 11:06



En quelques secondes, il se retrouva entièrement nu, mais ce n’était certes pas un bon bain chaud qui l’attendait
.  Par l’entrebâillement de la porte l’homme distinguait l’ombre du lit. Le corps gracile de son amie soulevait les draps. Elle était si fatiguée, après leur cavale. Elle l’avait organisée de main de maître. Tout avait été étudié, photos à l’appui, chronométrage. Comme un géomètre elle avait mesuré les distances, les longueurs des couloirs du palais de justice, le nombre de gardes, les horaires des relèves, et même imaginé comment détourner l’attention de son avocat. Les travaux et la présence des ouvriers devaient faciliter les choses. Elle n’avait pas voulu lui fournir d’arme, et elle avait eu raison. Bien sûr lui aurait préféré, elle n’aurait pas eu à mettre au point ce scénario digne des meilleurs films policiers. Tient ! il faudra qu’ils écrivent un livre sur cette folle équipée. Le seul grain de sable avait été la voiture ! Ah ! Fichue bagnole ! Qui les avaient lâchés à 50km de la planque ! C’est certain qu’une fille ne pense pas à ce genre de chose ! C’est vrai quoi ! On met de l’essence dans le réservoir et ça doit marcher. Les révisions, les niveaux, tout cela est un peu hermétique.

Enfin ! Ils sont quand même arrivés dans leur petit nid. Après 15h de marche à travers la montagne et une petite halte pour se reposer. Mais il fallait sortir de là ! Trop près de voiture abandonnée. Les 5 derniers km, ils se sont soutenus, titubant, trébuchant.
Quand ils sont arrivés, elle s’est déshabillée, glissée sous les draps et endormie comme une masse. Il aurait bien aimé un câlin, mais ils auront tout le temps une fois en sécurité.

Il se couche prés d’elle, la prend dans ses bras et s’endort.

Le soleil est haut dans le ciel quand l’homme ouvre les yeux. Il ne sait ce qui l’a réveillé. Son amie dort toujours contre lui. Doucement il se glisse hors du lit jusqu’à la petite fenêtre et ce qu’il voit lui glace le sang. Un escadron de gendarmerie accompagné de chiens monte à l’assaut du versant  de la montagne. Ce sont les aboiements des chiens qui l’ont réveillé. Il passe dans la salle et enfile rapidement ses vêtements. Il revient dans la chambre, regarde son amie endormie, imprimant ainsi son visage dans sa mémoire. Il allait se pencher sur elle pour l’embrasser, mais se ravisa quand elle soupira.

Sur la pointes des pieds, il s’éloigne du lit, puis sort du chalet par la porte de derrière cachée aux regards des gendarmes. A grands pas il commence l’ascension, espérant rester caché le plus longtemps possible aux regards des gendarmes.

Il allait passer sur l’autre versant quand il entendit des cris qui le firent se retourner.  Les gendarmes avaient été plus rapides qu’il l’avait espéré. Certains d’entre eux tendaient leurs mains dans sa direction.

Il plongea sur l’autre versant, courant, trébuchant, jurant ! Il tomba, roulant sur la pente, heurtant quelques pierres. Il fut arrêté par un rocher. Etourdi, il resta immobile un instant.
Quand l’homme se redressa, du sang coulait sur son visage et sa cheville le faisait souffrir, mais il fallait continuer, il fallait qu’il s’échappe, il ne voulait pas se retrouver en prison, il ne voulait pas de procès. Il voulait juste la liberté, sa liberté !

Les voix des gendarmes semblaient plus proches, mais l’homme ne se retournait pas ! Avancer ! Avancer ! Encore et encore !  Oublier la douleur !

Il entendit ce mot « Halte ! » mais il ne voulut pas le prendre en compte. Juste continuer, courir vers la liberté. Il continuait, il ne sentait plus rien, n’entendait plus rien, oubliés les aboiements des chiens, les injonctions des gendarmes. Il ne pensait qu’à courir vers sa liberté…

« Halte ! » crièrent les gendarmes. Mais l’homme continua son chemin et les balles des gendarmes achevèrent sa cavale définitivement.

 

Pour mon atelier d’écriture :  1ere phrase et dernière phrase du récit imposées

 

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commentaires

Sand 10/05/2009 00:09

Oui !! un nouveau billet à lire  j'ai tourjours hate de découvrir tes nouveautés

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Le jardin de Mélodie

Toi, l'ami qui vient me lire,

Ici, tu es libre.
Tu peux juste passer le long de la clôture,
entrouvrir la petite porte,
ou bien venir t' asseoir sur le banc,
Coin-de-jardin.JPG t'imprégner des senteurs fleuries
des arbres de l'amour et de l'amitié,
des fleurs parfumées
De tendresse, de plaisir et de douceur
Reste, je te rejoindrais
à l'ombre des arbres
pour te donner la quiétude et la sérénité,
et si tu es bien, accepte quelques fleurs... 
Mon ami Sophocle,
ici tu verras comme
"il est doux de perdre la conscience de tes malheurs",
dis moi quand tu seras de passage!
Juste un signe qui sera
une graine de bonheur dans mon jardin! 

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